29 octobre 2017

// Therion – Loch vostok – Leprous le 15 Novembre 2011

Oldies: Une vieille chronique sortie des cartons…

Attention, je me dois de formuler ici une petite alerte, pour tous les musiciens chevronnés et mélomanes métalliques amateurs de riffs complexes et décomplexés : cette chronique de concert sera le fait d’un non initié total et pire encore, un païen s’étant rendu en terre sainte. Ceci étant fait, quelques explications s’imposent…

Si je ne suis pas totalement étranger au style de Therion, on ne peut pas franchement parler d’un connaisseur du groupe et de leur histoire, et pour être franc, j’ai peut être plus de préjugés sur les « fans » du genre que eux n’en auraient à mon égard.
Parmi les clichés du genre, les questions récurrentes que j’imagine bien dans la bouche d’un de ces personnages : « l’album précédent est il plus ou moins technique? » ou encore « Therion c’était mieux avant? ».
Mais prenant mon courage à deux mains, enfin avec celle qui ne tenait pas la bière, je me suis aventuré en territoire inconnu… ou presque.
Si Therion est un nom qui résonne aux oreilles, ce n’est pas le cas de Loch Vostok, premier groupe venu réchauffer la foule. Et il leur en faudra du courage devant les premiers arrivés pour faire monter un peu la température ! Leur style mêlant Speed /
Death Métal technique et chant clair (il paraît que ça s’appelle Métal Progressif…) fait mouche néanmoins.
Je suis d’ailleurs surpris par les gars, qui distillent leur set avec énergie et rapidité tout en arborant un calme qui tranche définitivement avec leur style musical : Les guitares
sont précisent et tranchantes, les rythmiques font mouche.

Le guitariste / vocaliste, contrairement à ce que pourrait laisser penser son physique et son style imposant, utilise sa voix avec puissance et mélodie, d’une manière
tout à fait agréable sans tomber dans le piège du démonstratif. L’ambiance donnée semble à la fois mélancolique et sombre, frisant avec le Heavy de temps en temps,
certains côtés me font penser à Amorphis ou Dark Tranquility sans forcément sentir le copier / coller.
Malheureusement un set court, première partie oblige, mais j’espère avoir l’occasion de les voir plus longuement pour ma part, cette formation là me laisse une
impression sympathique et très humaine compte tenu de leur attitude humble et pleine de naturel.

Nous passons ensuite à quelque chose de radicalement différent, tant sur l’aspect musical que scénique. Leprous apparaissent, portant gilets et cravates pour jouer ce qu’à
première oreille j’aurais du mal à étiqueter, mêlant rythmes syncopés et contre temps, des lignes de chant pop et légères, presque aériennes, succédant ou précédant quelques
hurlements qui font jaillir la colère et la rage sur le visage de leur chanteur.

J’aurais presque l’impression d’entendre quelque chose de Jazzy par moment au milieu de rythmes électriques plus Thrash / Speed, sans pourtant réellement m’en
persuader. Les compositions sont complexes et la structure de certains morceaux un peu déconcertante pour une oreille néophyte, mais cela est bien entendu totalement subjectif.
Dommage cependant que le chant hurlé soit quelquefois trop approximatif ou strident, car l’ensemble est bien mené, pour peu que l’on apprécie leurs compositions aux
ambiances si particulières.

Personne ne m’avait prévenu et je me suis laissé piéger. Aucunes idées de ce qu’allait donner Therion, alors on dira ce qu’on voudra, c’est ni sérieux, ni pro mais surtout
ça ne donne pas l’air intelligent ni blasé d’un gars que plus rien n’étonne.

Et bien pour le côté « Gotho-blasé-symphonico-guitarhéro » que j’aurais volontiers prêté au groupe, je reviendrais en deuxième saison !
Sur une scène pas forcément énorme le groupe a su planter le décor au propre comme au figuré, et quand bien même on aurait viré tous les jeux de lumière, les
fumigènes, les costumes et la structure de scène, ils auraient été capables de vous retourner tout le public ! Si Therion n’a plus rien à prouver pour certains, le groupe ne se
prive pas de démontrer son talent, les voix sont justes incroyables et portées par des personnages absolument charismatiques. Je ne saurais pas trop dire s’ils se sont fait tout
bonnement plaisir ou si le jeu de scène étant réglé à ce point comme du papier a musique mais le set s’est écoulé de lui-même, sans longueurs aucunes.

Petit clin d’oeil et reprise d’un titre composé par un certain W. Amadeus Mozart, visiblement membre d’un autre groupe du même genre, admirablement mené la aussi.
L’accueil du public fût à la hauteur de la prestation et après le rappel sur « To Mega Therion », Monsieur Christopher Johansson viendra nous remercier, un sourire en coin. Il
nous explique que s’il y a quelques années, il n’aurait pas parié sur le succès d’une tournée en France, aujourd’hui, en Europe notre pays a bien gagné sa place de No1
concernant l’accueil de ce type de concerts.

L’au revoir au groupe se prolonge un peu, je ne sais vraiment qui, du groupe ou du public, à l’air le plus souriant ce soir.